Pour la deuxième année consécutive, une vingtaine d’enfants de la paroisse suit le catéchisme du Bon Pasteur, une méthode inspirée des préceptes de Maria Montessori. Reportage dans l’atrium du centre Eydoux pendant une séance avec Carole, une des catéchistes investie dans le projet.
La douce lumière du matin baigne l’atrium, une salle vitrée située au premier étage du centre Eydoux et dédiée au catéchisme du Bon Pasteur. Ce mercredi de mars, Fanny et Carole animent la séance avec Jeanne. Elles sont arrivées avec un peu d’avance pour accueillir les 12 enfants âgés de 3 à 6 ans et préparer la salle. «On vérifie que tout soit prêt, on ajoute du vin dans les burettes. On a un atelier de transvasement et on a eu un accident de lentilles la semaine dernière », glisse Carole en ajoutant des grains dans un pichet qu’elle repose sur un petit plateau. Une fois que tout est rangé, les animatrices s’agenouillent devant le coin prière et récitent un texte méditatif qui se conclut ainsi : « revets moi de ton humilité Seigneur pour que je les laisse marcher devant à ta rencontre et les suive sans crainte en ton royaume ». Le verset illustre les principes de la catéchèse du Bon pasteur. Inspirée de la pédagogie Montessori, elle priorise l’autonomie de l’enfant dans l’apprentissage de la foi.
Deux atriums à Marseille
Lancé il y a deux ans par Anne Desbordes, l’atrium du centre Eydoux est le deuxième de Marseille. Le lieu est meublé de façon simple mais organisée. À droite de l’entrée, un coin avec des plateaux de petite taille contient le matériel nécessaire pour les ateliers vie pratique : transvasement, découpage, nettoyage… Plus loin dans la pièce, des boîtes contenant des répliques de scènes de la vie de Jésus et des paraboles sont rangées dans une étagère. En face, des maquettes, des puzzles et des objets en bois et en tissus sont disponibles pour aider les enfants à comprendre les temps liturgiques, la géographie de la terre sainte ou le matériel de la messe. Au centre enfin, se trouve un coin prière décoré d’un crucifix. Quelques petites tables et des tapis permettent aux enfants de s’installer ici et là pour travailler. La méthode est quasiment révolutionnaire aux yeux de Carole : « cette catéchèse est intrinsèquement pour les enfants, pour leur relation à Dieu. Tout est mis à leur portée et on va à l’essentiel. Il y a un regard très différent sur les enfants et beaucoup de respect », explique-t-elle.
Attitude paisible et calme
Les enfants, justement, commencent à arriver. « Viens entre, le Bon Pasteur t’attend » dit Fanny en invitant un petit garçon. Chacun choisit un atelier et s’installe. Deux petites filles égrènent des épis de blé, un garçon de trois ans s’installe à la table à dessin pendant qu’un autre se lance concentré dans l’atelier de transvasement. “Ici je fais du travail, un petit peu de tout, c’est bien parce que j’apprends des nouvelles activités, par exemple l’histoire d’un marchand qui avait beaucoup de perles et qui a tout donné pour avoir la plus belle perle du marchand”, explique Isaac. Toutes les activités se font en chuchotant. « On accueille les enfants dans ce chuchotement ambiant, ça les met dans une attitude paisible et calme » poursuit Carole. C’est d’ailleurs ce calme qui l’a le plus frappée, il y a six mois, quand elle a animé une séance pour la première fois. Afin de consolider ses connaissances et d’aider l’équipe, elle a décidé de se former à la méthode en participant à une session organisée par l’école du Bon Pasteur dans le couvent des Carmes à Avon (Seine-et-Marne). “C’est une retraite de cinq jours, c’est assez intense mais nourrissant. Tu te sens porteur du message de Dieu, j’ai l’impression d’être autant catéchisée que les enfants. Je prends conscience du sens des choses, de ce que représente la table de messe, le linge, la symbolique de chaque objet », témoigne-t-elle.
Connaître le Christ
Ce jour-là, c’est à elle de présenter une nouvelle scénette sur le dernier repas du Christ. Agenouillée au coin prière, elle entonne une chanson pour appeler tour à tour chaque enfant. Une fois rassemblés, il découvrent entre ses mains une table en bois qu’elle dispose avant de déplacer les santons représentant les apôtres puis celui qui représente Jésus. Elle lit ensuite la parole d’évangile correspondant. Les enfants observent chacun de ses gestes. « Cette table vous fait penser à quelque chose ? », lance-t-elle. “C’est la messe”, lancent plusieurs enfants en choeur. Carole leur explique ensuite que Jésus a donné son corps et son sang, une discussion démarre spontanément entre eux : “Mais s’il donne son sang après il meurt, je crois qu’on a mis un faux Jésus sur la croix”, s’inquiète Isaac. “Non, c’est le vrai il nous a donné le pain et le vin pour se rappeler de lui, nous aussi on va ressusciter”, affirme Léopoldine avec conviction. Ces moments sont essentiels selon Carole : « Les présentations permettent aux enfants de connaître le Christ et de comprendre les paraboles qui parlent du Royaume de Dieu ». Après le rassemblement chacun retourne à son activité pour un petit moment. Puis vient l’arrivée des parents : avant de quitter la salle, les élèves disent au revoir à Jésus et font un signe de croix devant le coin prière. “C’était magnifique, ils étaient super attentifs”, se réjouit Carole. Pour continuer cet émerveillement, l’équipe aimerait se consolider en recrutant au moins deux autres bénévoles. Les bonnes volontés peuvent se manifester auprès du père Rémi.
Meriem Bioud
