Comment avez-vous entamé ce chemin vers la foi ?

Mickaël : Après le décès de ma mère, j’ai eu l’appel du Seigneur.

Rania : J’ai vécu une situation dans laquelle j’ai failli perdre la vie, une personne m’a laissée tomber, ça m’a choquée. J’étais malade spirituellement, je n’ai pas supporté que quelqu’un me trahisse. J’ai fait une dépression post-natale. Spirituellement, j’étais morte, je faisais le tour des églises avec ma sœur en faisant des prières de délivrance et je pleurais, c’était comme une purge. Sur les conseils de ma sœur, je suis allée à Lourdes et ce n’est pas la même personne qui est revenue. J’étais branchée profondément dans la foi, j’ai arrêté de pleurer. 

Tracy : J’avais du mal à accepter ma maladie, mon compagnon m’a conseillé d’aller à l’église, que ça me ferait du bien. Comme j’habitais dans le quartier, j’ai voulu assister à une messe. Puis il y a eu deux ou trois ans de réflexion. L’année dernière, pendant le carême, j’étais à l’hôpital, à ma sortie je suis venue à Notre-Dame-du-Mont.

Pourquoi avoir choisi cette église en particulier pour demander le baptême ?

Tracy : Le père Alexis est super, il explique bien les choses et il est sympa.

Rania : La première fois que je suis venue, j’ai suivi ma sœur pour la rentrée des scouts. J’ai senti une bénédiction et j’ai décidé de ne plus partir d’ici. J’ai quatre enfants, dans les autres églises, ils doivent rester immobiles, pendant les messes, on me dit « chut » car ils font du bruit, alors je n’étais pas concentrée. Ici, ils peuvent aller jusqu’à l’autel. Dès la deuxième messe des jeunes couples sont venus se présenter et me souhaiter la bienvenue, voir cette église pleine de familles m’a encouragée à revenir. Quand je suis arrivée j’étais dans une précarité incroyable, maintenant j’ai trouvé un emploi, puis un logement. C’est comme une fleur qui s’ouvre petit à petit.

Mickaël : Avant le décès de ma mère, on était venus visiter l’église elle et moi et ça lui avait plu. Quand j’ai décidé de demander le baptême c’est ici que je suis venu, comme il y avait un lien avec ma mère, ça a accroché. Puis les gens sont tous gentils avec moi, l’église est ma deuxième famille. Ça me donne encore plus la foi, ça me met dans le droit chemin. Je suis un ancien toxicomane et alcoolique, maintenant j’ai tout arrêté, je participe à l’accueil de l’église. L’an dernier, j’ai recommencé à me droguer et j’ai quitté l’église six mois. Puis j’ai de nouveau reçu l’appel. Quand je suis revenu, les gens de la paroisse ne m’ont pas jugé.

Pour finir, qu’est ce qui a changé dans vos vies depuis que vous avez reçu cet appel ?

Mickaël : Ça m’a donné la joie de vivre le bien-être mental, ça m’a cadré. Je suis allé à Lourdes lors du pèlerinage paroissial de l’an dernier, depuis mes poumons vont mieux. Je vais mieux, moralement, physiquement. Je suis plus ouvert aux autres.

Tracy : J’ai appris à pardonner et à avoir cette paix que je ne connaissais pas. Je suis en paix avec moi-même et j’ai appris à ne plus juger, on n’est personne pour juger qui que ce soit.

Rania : Je sais que le Saint-Esprit est là et qu’il fait en sorte que les choses soient bien pour moi. Depuis que j’ai la foi, je n’ai ni peur ni doute, je me suis libérée.

Propos recueillis par Meriem Bioud