Une centaine de paroissiens se sont rassemblés du 30 avril au 2 mai pour un pèlerinage entre les Saintes-Marie-de-la-mer, l’abbaye Saint-Michel de Frigolet et Tarascon. Au cœur de la terre sainte de Provence, ils ont pu se rencontrer et méditer les enseignements de Marthe et Marie de Béthanie.
L’église collégiale royale abrite un tableau représentant le départ en barque de Marthe, Marie de Béthanie, Lazare, Sara et d’autres compagnons de Jésus chassés de la terre sainte après sa crucifixion. Selon la tradition, c’est cette embarcation sans voile et sans rame, qui a débarqué aux Saintes-Marie-de-la-mer au premier siècle. Après l’éprouvante traversée, les voyageurs se sont dispersés dans la région pour évangéliser. Du 30 avril au 2 mai, une centaine de paroissiens ont pris la route pour marcher dans leurs pas sur “la terre sainte de Provence”, selon les termes du père Alexis.
Selon notre curé, “le pèlerinage c’est sortir de chez soi et partir à plusieurs afin de consolider la communion des personnes pour que les gens reconnaissent que Dieu est amour”. Dans la pratique, ça commence par un rendez-vous matinal près de l’église pour embarquer ensemble en bus. Des heures assis côte à côte sur la route, partager une chambre avec d’autres paroissiens, décider qui dormira en haut ou en bas du lit superposé, rompre le pain pour se faire des sandwichs lors d’un pique-nique champêtre, débarrasser les assiettes à la fin du dîner. Une proximité qui invite à la rencontre, comme l’a constaté Constance, une petite sœur de Jésus pour qui c’était le premier pèlerinage paroissial : “c’est une façon de construire des relations plus profondes. Il y a des gens dont j’avais déjà entendu le nom, maintenant, je mets un visage dessus. Je me sens un peu plus de la paroisse”.
Être actif et contemplatif
Outre les gestes du quotidien, ce pèlerinage paroissial a permis de se rencontrer à travers la découverte et l’étude des personnages féminins au cœur de la tradition chrétienne provençale. Première étape, dans la crypte creusée sous l’autel de Notre-Dame de la mer aux Saintes Maries de la mer. Au fond, se trouve une statue de Sainte Sara. Une sainte noire recouverte de tissu pailletés, coiffée d’une couronne aux perles bleu et rouge. Suivent Marthe et Marie de Béthanie. La scène de la venue de Jésus dans la maison des deux sœurs est racontée dans l’évangile de Luc. Face à l’indignation de Marthe, affairée au service alors que sa sœur Marie écoute l’enseignement aux pieds de Jésus, ce dernier répond : “Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée” (Luc 10, 38-42). “Marthe, elle se donne beaucoup de mal, elle est dans l’événementiel, mais il faut être actif et contemplatif pour que l’action soit féconde”, a résumé Michel Savalli, curé de Tarascon, qui a livré un enseignement riche en détails au groupe.
La leçon s’est appliquée au pèlerinage en lui-même. Sans le travail colossal des organisateurs, pas de programme, pas d’hôtel et pas de repas. Sans le concours de notre chauffeur, pas de déplacement. Sans l’amabilité des employés du domaine de Petite, où nous avons séjourné, pas de pains au chocolat ni de biscottes au petit-déjeuner. Mais bien que nécessaires, tous ces efforts n’ont pas de sens si on ne prend pas le temps de contempler et de s’ouvrir à la parole. Si vous avez raté ce rendez-vous, une nouvelle opportunité d’arpenter la terre sainte de Provence se présentera l’an prochain, le père Alexis envisage un pèlerinage, cette fois-ci sur les traces de Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie.
