Lors de la traditionnelle Audience générale du mercredi matin, le Pape François développe souvent une catéchèse sur un thème particulier.

En cette fin d’année 2023, il entame pour nous un cycle sur « Les vices et les vertus ».

27 décembre 2023

1. Être gardien de son propre cœur

Frères et sœurs, nous débutons un cycle de catéchèses sur le thème des vices et des vertus. Nous partons du commencement de la Bible, où dans le livre de la Genèse, le récit d’Adam et Ève présente la dynamique du mal et de la tentation. Dans le jardin d’Éden apparaît un personnage qui devient le symbole de la tentation : le serpent. Dans son dialogue avec Adam et Ève, le serpent se révèle comme un orateur habile, malicieux et faux. Adam et Ève n’ont pas pu s’opposer à la tentation du serpent. L’idée d’un Dieu mauvais, qui voudrait les garder soumis, s’insinue dans leur esprit. Ils croyaient devenir comme des dieux, mais ils réalisent qu’ils sont nus et habités par la peur. On ne doit jamais discuter avec le diable. Il est capable de déguiser un mal sous un masque invisible de bien. Il faut être gardien de son cœur. Le succès de tout combat spirituel se joue beaucoup à son début : en veillant toujours sur son cœur.

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3 janvier 2024

2. Le combat spirituel

Le vie spirituelle du chrétien n’est pas paisible, linéaire ni sans défi. Elle est un combat de tous les instants, mais c’est dans ce combat qu’il trouve son salut. Saint Antoine abbé disait : « Ôtez la tentation et personne ne sera sauvé ». Les saints ne sont pas épargnés par la tentation, mais ils sont conscients que les séductions du mal apparaissent de façon répétée dans leur vie et qu’il est nécessaire de les dévoiler et d’y résister. Au lieu de cela, beaucoup ne savent plus distinguer le bien du mal. Nous devons donc demander à Dieu la grâce de nous reconnaître pauvres pécheurs, ayant besoin de conversion. Jésus lui-même, bien que sans péché, a voulu être tenté pour être solidaire avec nous dans ce combat. Il nous faut reconnaître les vices qui nous enchaînent et marcher, avec la grâce de Dieu, vers les vertus qui doivent s’épanouir en nous et faire entrer dans notre vie le printemps de l’Esprit.

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10 janvier 2024

3. La gourmandise

Chers frères et sœurs,

Dans notre parcours sur les vices et les vertus, nous nous arrêtons aujourd’hui sur la gourmandise. Que Nous dit l’Évangile à son sujet ? Tout d’abord que Jésus est très différent du Baptiste et de son ascèse. Jésus est souvent vu à table, son premier miracle aux noces de Cana nous révèle sa sympathie pour les joies humaines. Vis-à-vis de la loi juive, Jésus fait tomber la distinction entre aliment pur ou impur, en enseignant que c’est ce qui sort du cœur de l’homme et non ce qui entre dans son corps qui le rend impur. 

Dans nos sociétés du bien-être, qui voient tant de pathologies de l’alimentation, le rapport serein que Jésus a établi vis-à-vis de l’alimentation devrait être valorisé et redécouvert. Notre alimentation manifeste notre intériorité : équilibre ou démesure, action de grâce ou prétention d’autonomie arrogante, empathie du partage ou égoïsme de l’accumulation. D’un point de vue social la voracité vis-à-vis des biens de la planète met en danger l’avenir de tous. Soyons des personnes eucharistiques, capables de remercier et discrètes dans l’usage de la terre, et non des prédateurs. Que l’Évangile nous guérisse de toute gourmandise.

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17 janvier 2024

4. La Luxure

Chers frères et sœurs,

Alors que la gourmandise évoquée la semaine dernière est la voracité envers la nourriture, la luxure est une sorte de voracité envers une autre personne et représente un lien empoisonné entre des êtres humains, notamment dans le domaine de la sexualité, qui est pourtant une belle dimension de notre humanité. Il s’agit d’un vice particulièrement odieux et dangereux pour deux raisons ; la première est qu’il ruine les relations entre les personnes en « chosifiant » l’autre, la seconde raison est qu’il enchaîne l’homme et génère une forme de dépendance. 

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24 janvier 2024

5. L’avarice

Nous continuons notre catéchèse sur les vices et les vertus et nous parlons aujourd’hui de l’avarice. C’est une maladie du cœur qui n’a souvent rien à voir avec l’argent. L’avarice peut s’emparer des moines qui, ayant renoncé à d’énormes héritages, s’attachent, dans la solitude de leur cellule, à des objets de peu de valeur. Pour y remédier, une méthode est proposée, radicale mais très efficace : la méditation sur la mort. Le lien de possession que nous construisons avec les choses n’est qu’apparent, car nous ne sommes pas les maîtres du monde. L’avarice est une tentative d’exorciser la peur de la mort : elle recherche des sécurités qui s’effritent au moment même où nous les saisissons. Il arrive souvent que ce soient les biens qui nous possèdent. Certains riches ne sont plus libres, ils n’ont même plus le temps de se reposer. Ils sont toujours inquiets parce que leur patrimoine, construit à la sueur de leur front, peut disparaître en un instant. Dieu seul est riche et Lui seul nous donne les vraies richesses, mais en se faisant pauvre pour nous.

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31 janvier 2024

6. La colère

Chers frères et sœurs,

réfléchissons aujourd’hui sur le vice de la colère. Il est envahissant et capable de nous priver de sommeil. C’est un vice destructeur des relations humaines. L’une des caractéristiques de la colère, c’est qu’elle ne s’apaise pas toujours avec le temps. S’opposent à elle la bienveillance, l’ouverture du cœur, la douceur et la patience. Nous ne sommes pas responsables de la colère, mais de son développement. Parfois, il est bon qu’elle se manifeste de la bonne manière. Il nous faut donc, avec l’aide de l’Esprit Saint, trouver la juste mesure des passions, afin de les éduquer pour les orienter vers le bien.

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7 février 2024

7. La tristesse

Frères et sœurs, dans notre itinéraire de catéchèses sur les vices et les vertus, nous parlerons aujourd’hui de la tristesse, entendue comme abattement de l’âme. Selon les Pères de l’Église, il y a deux types de tristesses. D’un côté, la tristesse qui convient à la vie chrétienne, qui se transforme en joie et qui nous conduit au salut. De l’autre, la tristesse qui est une maladie de l’âme. La dynamique de la tristesse est liée à l’expérience de la perte. Dans le cœur de l’homme naissent des espoirs qui sont parfois déçus. La tristesse est le plaisir du déplaisir et le fait de se complaire dans une douleur sans fin. La tristesse, d’émotion naturelle, peut se transformer en un état d’âme mauvais. Elle est un démon sournois que l’on peut combattre facilement en gardant à l’esprit la résurrection du Christ. Car Jésus est ressuscité pour racheter tous les bonheurs. La foi chasse la peur, et la résurrection du Christ enlève la tristesse comme la pierre du tombeau.

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14 février 2024

8. L’acédie

Chers frères et sœurs,

Parmi tous les vices capitaux, il en est un peu connu : l’acédie. Ce mot, qui nous vient du grec, signifie le manque de soin pour la vie intérieure et conduit à l’indolence ou à la paresse spirituelle, jusqu’au dégoût. Il s’agit d’une tentation redoutable où le rapport avec Dieu devient ennuyeux, les actes de dévotions inutiles et la lutte contre nous-même privée de sens. Sorte de « démon de midi » qui nous prend au moment, de la journée ou de la vie, où nous sommes le plus fatigués, l’acédie nous empêche d’accomplir nos tâches avec sollicitude ou passion ; elle nous conduit à laisser libre cours à la distraction ou au désir de ne penser à rien. Devant ce péril redoutable pour la vie spirituelle, l’homme se doit de réagir par la patience de la foi, en accueillant la réalité de sa situation, toujours habitée par Jésus.

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